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Demain, les managers seront-ils des robots ?

Si hier, l’idée que des robots puissent travailler à notre place semblait sortir tout droit d’un blockbuster hollywoodien, aujourd’hui, elle semble de plus en plus réelle.

“S’il existe une alternative technologique à un emploi humain, celle-ci sera systématiquement choisie, dans une optique de gain de productivité.” affirme l’économiste Erwann Tison. Si hier, l’idée que des robots puissent travailler à notre place semblait sortir tout droit d’un blockbuster hollywoodien, aujourd’hui, elle semble de plus en plus réelle.

Car à l’heure du tout numérique et de la transformation digitale, un nombre croissant de tâches sont automatisées et prises en charge par des machines. Certaines entreprises semblent aller encore plus loin dans ce processus d’automatisation. C’est le cas par exemple de Deep Knowledge Venture qui, en 2014, a nommé une Intelligence Artificielle (IA) à son Conseil d’Administration – lui conférant ainsi le même vote que tous les autres administrateurs. Ou encore du cabinet d’avocats Baker Hostetler qui a, quant à lui, engagé comme assistant juridique Ross … une autre IA ! 

Selon une étude réalisée par l’université d’Oxford en 2016, un emploi sur deux serait menacé par le numérique. Alors, pourquoi pas celui de manager ? 

 

Plutôt Robocop ou Hal 9000 : mon ro-boss serait-il un bon manager ? 

Si le manager a des missions profondément humaines, imaginer qu’un robot prenne sa place est loin d’être une idée incongrue ! En effet, là où, parfois, la nature humaine a son lot de subjectivité, le robot n’a pas de biais donc chacune de ses décisions sont 100% objectives. Par ailleurs, sa capacité d’analyse des données lui permet d’intégrer bien plus « d’expériences » qu’un être humain. 

Ainsi, on pourrait imaginer que le ro-boss pourrait reprendre certaines activités du manager parmi lesquelles : 

  • l’évaluation de la performance et la définition des objectifs. Des logiciels de production permettent aujourd’hui une analyse fine en matière de prévision des ventes et donc, la planification d’un certain nombre d’activités :  gestion des stocks, fournisseurs à contacter et logistique… On peut donc imaginer une IA qui aille encore plus loin et qui fixe des objectifs aux collaborateurs sur la base de leurs résultats effectifs.  
  • l’arbitrage des décisions. Les robots ayant une plus grande capacité d’analyse et étant incorruptibles, les décisions qu’ils prennent sont plus neutres et, tant qu’elles reposent sur l’inspection des données, plus efficaces. En 2015, le groupe Hitachi a d’ailleurs décidé de sauter le pas avec Emiew qui aide les employés à prendre les “meilleures” décisions. 

 

Mais, le ro-boss pourrait également limiter certains écueils : 

  • pas de parti pris dans les relations avec son n+1 !  Avoir un ro-boss, équivaudrait à avoir un manager sans émotion ni préjugé quelle que soit la situation. Oubliés les impressions de favoritisme (avérées ou non) et autres malentendus. 
  • une plus grande disponibilité. Les managers courent après le temps. Le ro-boss, lui, serait plus disponible car capable de traiter plusieurs sujets simultanément. Nos managers sont polyvalents, mais pas encore capable de se dédoubler ! 

 

Le manager : une espèce en voie d’extinction ? 

Si le ro-boss semble pouvoir effectuer certaines tâches de manager, son impartialité est à la fois sa plus grande force … et sa plus grande faiblesse ! En effet, il manque au ro-boss toute la dimension humaine absolument vitale dans le management. Si aujourd’hui les techniques managériales du ro-boss semblent efficaces en ce qui concerne l’activité « pure », les choses se compliquent, dès qu’il s’agit de la complexité de l’être humain : ses envies, ses humeurs, ce qui le fait vibrer !  À l’heure actuelle, le ro-boss n’est pas capable de prendre en compte : 

  • les sentiments du collaborateur, son enthousiasme, le plaisir qu’il prend dans son travail, ses frustrations et ses difficultés qui pourtant, sont des éléments essentiels pour un management efficace.
  • la singularité de chacun. Si cela semble, au premier abord, une bonne chose que le ro-boss traite chaque individu de la même manière, cela revient à oublier que chaque individu est à appréhender différemment. Certains ont besoin d’être encadrés quand d’autres ont besoin d’espace. D’aucuns ont besoin d’encouragements quand d’autres n’y prêtent peu ou pas attention. 
  • le besoin de motivation du collaborateur. L’être humain est dirigé par ses émotions et a parfois besoin d’être motivé par son manager et son plus beau discours inspirant. 
  • le sentiment d’appartenance et de fierté. On peut se demander dans quelle mesure un robot sera capable de développer le sentiment d’appartenance, mais également de fierté chez ses collaborateurs. Car recevoir un « bravo, tu as fait un bon travail » d’un manager ou d’un robot, n’a pas le même impact. 
  • la force de la co-création. On ne discute pas avec un robot de la même manière qu’avec son manager humain. Avec le premier, il est bien plus difficile de rebondir, de co-construire et de faire émerger de nouvelles idées.

Difficile, dans ces conditions, d’imaginer que le ro-boss puisse remplacer totalement le manager. 

 

Vers la révolution du « blended management » 

Loin d’être antagonistes, le ro-boss et le manager pourraient se compléter et s’allier pour permettre l’émergence d’un management plus efficace et plus humain : le « blended management », autrement dit, un management mixte. Permettant de cette façon de faire cohabiter le meilleur des deux mondes. 

Libéré de l’opérationnel, le manager de demain pourrait ainsi se concentrer pleinement sur l’humain et se rapprocher du “manager coach”, ce vers quoi nous tendons déjà en développant (à raison) un peu plus chaque année les compétences des managers sur le volet “premier RH de proximité”. 

Vous l’aurez bien compris, le manager a encore de beaux jours devant lui avant de s’entendre dire « hasta la vista baby ». 

 

Aux côtés des managers tous les jours, ConvictionsRH sait bien qu’ils se retrouvent parfois dans une position difficile, entre l’envie de bien accompagner leurs équipes, leur réalité opérationnelle et les orientations stratégiques qu’ils doivent décliner sans toujours bien comprendre le « comment ? ». C’est pour cette raison que nous avons créé Minutes Management, un podcast pour les managers qui répond à leurs questions et leurs besoins. Retrouvez tous les épisodes ici.

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