linkclubformationsocial-linkedinetude

Jouer est devenu une pratique de consommation courante. Du casual gaming sur nos smartphones (que celui qui n’a jamais aligné des bonbons sur son téléphone ou essayé de découper des fruits façon ninja avec un sabre me jette la première boule de feu ! Même les plus réfractaires ont déjà joué à Snake à l’époque de leur 3310…) aux consoles dernier cri dans nos salons : le jeu vidéo est présent dans nos vies et connait une croissance sans précédent qui touche de plus en plus de personnes.

Gamification_ConvictionsRH

 

En France la moyenne d’âge des joueurs à atteint 34 ans en 2017 et 68% des Français indiquent jouer au moins occasionnellement (étude SELL/GfK octobre 2017). Le jeu séduit donc de plus en plus d’utilisateurs, y compris ceux qui semblaient les plus réfractaires. Une des conséquences de cette montée en puissance réside dans l’utilisation de plus en plus importante des mécaniques du jeu pour créer des outils attractifs et interactifs dans de nombreux secteurs. Les entreprises n’échappent pas à ce phénomène et plus particulièrement les services RH qui ont de plus en plus recours à la gamification de leurs formations.

 

Press Start to play (and learn !)

 

Force est de constater qu’on apprend en effet mieux en s’amusant. Si ce constat semble évident quand il s’agit de l’apprentissage des plus jeunes, en grandissant vieillissant nous avons tendance à être de moins en moins confrontés à des situations d’apprentissage ludiques. Comme si le fait de s’amuser en apprenant était incompatible avec le monde professionnel. Pourtant on peut travailler sérieusement sans se prendre au sérieux (on en a même fait notre devise en interne chez ConvictionsRH !). Fort heureusement, c’est à cette conclusion que de plus en plus d’entreprises arrivent depuis quelques années.  Les précurseurs se sont emparés de ces sujets il y a une dizaine d’années ce qui nous permet aujourd’hui d’avoir assez de recul pour évaluer le fait que – oui – apprendre en jouant fonctionne et que – non- il n’est pas indispensable d’être assis dans une salle de conférence à écouter un formateur pour assurer un apprentissage de qualité.

Ces entreprises nous poussent donc à un seul constat : il est temps de faire évoluer nos pratiques d’apprentissage.  A ce titre, il semble que reprendre les leviers et mécaniques d’un jeu et les appliquer à la formation en entreprise fonctionne : classements, avatars, défis, progression… s’appliquent donc aussi bien aux besoins de fédérer et informer des équipes, qu’à des collaborateurs ayant besoin d’une formation individuelle.

 

 

Gamifier n’est pas aussi simple que jouer…

 

Malgré le succès des jeux vidéo et de la gamification en général (Selon une étude menée par Technavio (décembre 2015), le marché de la gamification dépassera les 6 milliards de dollars en 2019, avec un taux de croissance de 48%), il convient de rappeler que cette dernière n’est pas une fin en soi. Comme chaque pratique innovante, celle-ci n’est réellement pertinente que si elle reste un outil au service d’un objectif concret. Dans le cas présent, gamifier ses formations permet à l’entreprise de mieux faire passer différents messages et de faciliter l’adhésion à ces derniers. Qu’il s’agisse de faire monter en compétence ses employés ou partenaires, de fédérer un collectif, de stimuler et libérer les potentiels des collaborateurs ou de les onboarder, l’entreprise doit garder en tête que l’objectif est de rendre la forme plus agréable ainsi que le fond plus compréhensible et facilement assimilable… plus que de répondre à un effet de mode !

Avant de se lancer, il est donc essentiel de bien comprendre les possibilités de ce format pour s’assurer de l’adéquation de ce dernier avec son projet de formation.

 

 

« Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends. »

 

Benjamin Franklin n’était pas familier des jeux vidéos et pourtant cette formule s’applique parfaitement à notre sujet : il faut impliquer les apprenants pour obtenir des résultats probants et une véritable adhésion. Mais comment le faire de manière ludique ? Analysons ensemble trois des principaux leviers que l’on retrouve dans les jeux et qui se révèlent indispensables dans le déploiement d’une stratégie de gamification.

 

1 / Badges de réussites et points : Le système de badge et de points permet d’indiquer au joueur sa progression et son niveau de réussite. Cette pratique repose sur l’un des principaux ressorts utilisés par les game designers :  le feedback instantané. Chaque action du joueur déclenche un évènement et ce dernier obtient du feedback en direct, ce qui permet d’éviter le découragement et de capter son attention en continu.

Appliqué à la formation cela permet au salarié d’observer sa progression au fur et à mesure et de valider un certain nombre d’acquis via l’obtention de badges. Au-delà du sentiment de satisfaction que cela provoque et de la motivation à aller plus loin dans le process de collecte de récompenses, ce système permet également de positionner l’apprenant face au reste de ses collaborateurs. L’impact est donc à la fois individuel et collectif.

 

2/ Mécaniques multijoueur : Le jeu permet de renforcer les interactions grâce à un subtil équilibre entre compétition et collaboration entre les participants. Si ces interactions sont tout d’abord contenues à l’intérieur d’un espace virtuel (le jeu en lui-même), elles dépassent très vite ce dernier et se manifestent IRL (In Real Life). Preuve en est : le phénomène des LAN et compétitions eSports qui rassemblent à un même endroit des centaines de joueurs et des milliers voire millions de spectateurs partout dans le monde.

Une stratégie de gamification réussie doit donc surfer sur ces deux aspects et amener les apprenants à collaborer tout en se mesurant les uns aux autres. En favorisant l’apprentissage collectif, les serious games sont un très bon moyen de renforcer les liens entre les collaborateurs puisqu’ils mettent ces derniers en situation de coopération.

 

3/ Mise en situation : Une des grandes forces du jeu réside dans son pouvoir immersif. Le joueur est projeté dans un environnement fictionnel avec lequel il peut interagir et au sein duquel il peut expérimenter, se tromper et donc progresser.  Imaginez les avantages que cela représente en terme de formation pour les entreprises qui ont désormais les moyens de plonger leurs employés dans des mises en situation poussées et donc de leur faire gagner en expérience dans un environnement maîtrisé et sans risques.

Se tromper est un facteur important dans la progression des individus et nous permet de devenir des professionnels avertis : on apprend de nos erreurs, ce n’est pas un scoop. Néanmoins, nous avons tous en tête des souvenirs d’erreurs que nous avons faites dans notre carrière mais que nous aurions aimé expérimenter dans l’environnement sécurisé d’un jeu, sans impact direct sur notre quotidien professionnel si ce n’est l’acquisition d’expérience. On apprend bien aux pilotes d’avions à faire des atterrissages d’urgence sur simulateurs, pourquoi ne pas enseigner par le jeu aux graphistes qu’un fichier mal calibré donne des impressions défectueuses ou à un gérant d’une franchise qu’une mauvaise gestion de ses stocks a des impacts directs sur la prospérité de son business ?

 

Les applications de la gamification semblent donc quasi illimitées et peuvent répondre aux besoins de nombreuses entreprises soucieuses de proposer à titre individuel ou en équipe des mécaniques d’assimilations performantes.

 

Des bénéfices multiples pour les entreprises

 

Par l’univers du jeu et de l’interactivité, les formations deviennent plus attractives et s’adaptent aux nouveaux usages des collaborateurs, habitués à évoluer dans une société de loisirs et de divertissement. Les avantages pour l’entreprise sont donc multiples : fidélisation et rétention de leurs collaborateurs, formations efficaces de leurs talents… mais également récupération de données à destination des services RH !

En effet le feedback fonctionne à double sens : si les joueurs observent directement les conséquences de leurs actions via leur progression dans le jeu, les services RH récupèrent également énormément de datas sur les collaborateurs et leur fonctionnement. Un serious game en entreprise doit donc pouvoir  faire remonter des informations pertinentes et utiles. On pourra ainsi envisager de proposer des formations complémentaires aux employés ayant eu des difficultés à terminer certains challenges, identifier des éléments qui ne semblent pas bien assimilés en terme de culture d’entreprise, repérer des salariés en situation de difficulté… et donc améliorer les processus, la communication et globalement l’expérience collaborateur.

 

Il semble donc que entreprises comme salariés ont beaucoup à gagner du phénomène de la gamification. En se démocratisant celui-ci rend également les coûts de projets moins importants avec l’apparition de solutions de formations gamifiées accessibles à tout type d’entreprises. De mon double point de vue de joueuse et d’apprenante la perspective est plus que réjouissante. Ne reste donc plus qu’une question en suspens : quand est-ce qu’on joue ?

 

*PGM : Terme (plutôt) geek pour désigner les joueurs professionnels de jeux vidéo

 

Fanny Bourdon-Bart – Marketing & Communication Manager

A propos de l’auteur : Fanny Bourdon-Bart est Responsable Marketing et Communication pour ConvictionsRH. Ancienne manageuses d’équipes eSports, elle a mené pendant 3 ans des projets communication et évènementiel pour différents éditeurs (Ubisoft, EA, Sony…)  avant  de rejoindre ConvictionsRH. Elle a enseigné pendant plusieurs années le Marketing du jeu vidéo à l’EAC Paris. Retrouvez la sur linkedin et twitter

 

Vous vous posez des questions sur la gamification de votre entreprise, avez un projet de serious game et souhaitez échanger avec nos experts ? Vous êtes justes curieux et souhaitez simplement découvrir comment ConvictionsRH à gamifié le pré-onboarding de ses consultants et l’animation de ses réunions ? Contactez-nous : nous serons ravis de répondre à vos questions !

Pour aller plus loin

Point de vue

Les 6 commandements pour bien choisir son SIRH

Quel SIRH choisir ? Devant la multiplicité des solutions, nous vous proposons six commandements à suivre afin de trouver celle qui épousera au mieux les spécificités de votre entreprise et vos besoins RH.

Point de vue

Les digital natives, problème ou chance pour l’entreprise ?

Les digital natives, ou natifs numériques dans certains pays francophones, sont pour l’entreprise ces collaborateurs ayant grandi entourés de nouvelles technologies. Qu’attendent de l’entreprise ces nouveaux arrivants, également désignés comme la « génération Y » ? Que peuvent-ils apporter aux organisations et comment les manager ? Éléments de réponse.

Point de vue

Conduite du changement : ce que change la digitalisation

Tout projet de transformation impacte plus ou moins fortement les organisations, processus et méthodes de travail en vigueur dans l’entreprise. Avec l’avènement du digital, ces projets visant par exemple à optimiser les méthodes de travail, la productivité ou la réactivité clients sont réalisés avec des méthodes qui modifient profondément les modes de communication et la formation. Le phénomène est d’autant plus fort que la digitalisation, y compris dans la sphère privée, a changé les attentes et les comportements des salariés.